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Niger

Réhabiliter les villes

Par - Publié en juin 2020
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SHUTTERSTOCK. Le palais du sultan du Damagaram, à Zinder.

À voir les transformations spectaculaires de Niamey, on pourrait penser que la capitale s’est approprié les 20 milliards de dollars d’investissement des programmes Renaissance 1 et 2. On serait loin du compte. Convaincu que « les centres urbains sont vecteurs de développement des territoires », le président Issoufou a misé sur les sept autres grandes agglomérations. D’Agadez, pôle touristique et minier, à Zinder, ancienne capitale du Niger, en passant par Maradi, deuxième ville du pays, la modernisation des infrastructures bat son plein. Leurs aérodromes ont été réhabilités et les pistes d’atterrissage allongées pour accueillir des avions gros-porteurs, de manière à développer, à terme, des lignes aériennes domestiques. De nouveaux axes routiers désenclavent les territoires, reliant villes et villages des frontières du Nigeria, du Burkina Faso et du Mali, et renforçant les échanges commerciaux. De Diffa, où les incursions de Boko Haram se multiplient, à Tahoua, au coeur du Liptako Gourma – où sévissent Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) –, les régions les plus exposées aux attaques terroristes n’ont pas été privées d’investissement : établissements de santé, alimentation en eau potable, voiries et assainissement, infrastructures sportives ou encore pôles industriels. Malbaza abrite la première cimenterie du pays financée par le secteur privé ainsi qu’une centrale solaire de 7 MW. Torodi est le point d’arrivée du pipeline qui achemine les produits raffinés de la Soraz (Société de raffinage de Zinder) destinés à l’exportation vers le Burkina et le Mali. Pour renforcer les infrastructures d’accueil des régions, le président Issoufou a décidé de délocaliser chaque année les commémorations de la Fête de la République, le 18 décembre. Pour 2019, elle se tiendra à Tillaberi, limitrophe des frontières du Mali et du Burkina Faso, et accueillera officiels de l’exécutif, diplomates accrédités ainsi qu’un défilé militaire. Pour l’occasion, la ville et sa région ont bénéficié d’une enveloppe conséquente pour des travaux de modernisation. 

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Alors qu’il achèvera son second et dernier mandat début 2021, le président Issoufou Mahamadou met les bouchées doubles pour atteindre l’objectif qu’il s’était fixé : sortir son pays du carcan de la pauvreté et y créer les conditions de l’émergence. Quand Issoufou Mahamadou remporte, le 12 mars 2011, le second tour de l’élection présidentielle, son pays accumule les mauvaises nouvelles. La veille, le 11 mars, un tsunami a balayé le Japon et sa centrale nucléaire de Fukushima. La catastrophe provoquera un effondrement des cours de l’uranium, principale source de revenus du Niger (quatrième producteur mondial).

Publié en juin 2020

Le pétrole et l’hydrocarbure prennent progressivement une place essentielle dans l’économie. Inamovible directeur général des hydrocarbures depuis 2012, Adolphe Gbaguidi, la soixantaine aussi élégante que discrète, est le Monsieur Pétrole du président Issoufou Mahamadou. Il dit en préambule, comme pour s’excuser : « Nous sommes un pays à tradition minière, si notre avenir se dessine à l’or noir, notre histoire avec le pétrole est toute récente. » Quatrième producteur mondial d’uranium, le Niger a longtemps cru aux potentialités de son sous-sol en matière d’hydrocarbures. Dès le lendemain de l’indépendance, en 1960, des blocs d’exploration ont été accordés aux compagnies occidentales, parmi lesquelles l’américaine Texaco. En vain. Ce n’est qu’en 2007 que la China National Petroleum Corporation (CNPC), explorant le bassin d’Agadem, dans l’est du pays, découvre des poches d’huile économiquement exploitables.

Publié en juin 2020

En quelques années, la capitale s’est métamorphosée. Routes bitumées, éclairage public, nouvel aéroport, hôtels de luxe... Une modernisation spectaculaire qui se veut être l’image de nouvelles ambitions du pays. Pour le président Issoufou Mahamadou, l’équation n’avait pas beaucoup d’inconnues. La renaissance du Niger n’aurait pu être complète sans celle de sa capitale. Et en cela, Niamey, un bourg qui, il y a dix ans à peine, avait des allures de chef-lieu de province décrépi, nécessitait bien plus qu’un simple lifting, une régénération. Hormis quelques avenues du centre-ville et du quartier administratif, ses rues, plus adaptées aux caravanes de dromadaires, n’étaient pas bitumées, les rares voitures qui y circulaient se retrouvant le plus souvent ensablées. Faute d’évacuation des déchets ménagers, chaque quartier disposait de sa colline d’immondices, décharges sauvages côtoyant écoles primaires, centres de santé ou marchés de « vivres frais ».

Publié en juin 2020