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Les parcs solaires Ejuva 1 et 2, non loin de la ville de Gobabis, en Namibie. ALAMY
Les parcs solaires Ejuva 1 et 2, non loin de la ville de Gobabis, en Namibie. ALAMY
Future

Solaire: un immense potentiel encore sous-exploité

Par Cédric Gouverneur
Publié le 13 mars 2026 à 09h16
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60% des meilleures ressources solaires mondiales. Les installations de panneaux photovoltaïques ont bondi de 54% l’an dernier.

L’ensoleillement de l’Afrique devrait s’imposer comme une ressource majeure. Selon la Banque mondiale, une centrale solaire au Kenya ou au Nigeria génère jusqu’à 60% d’énergie en plus qu’une installation similaire en Europe centrale. Le potentiel solaire du continent est estimé à environ 1000 gigawatts (soit 1 million de mégawatts). C’est l’équivalent d’un millier de réacteurs nucléaires: largement de quoi subvenir à l’ensemble des besoins du continent, tout en réduisant ses émissions de CO2 de 2,5 milliards de tonnes, estime l’Irena (Agence internationale pour les énergies renouvelables). Pourtant, seulement 3% de l’électricité africaine provenait du photovoltaïque en 2023: nombre de projets peinent à obtenir des financements en raison de coûts encore trop élevés. Les taux d’intérêt pour les projets d’énergies renouvelables en Afrique sont en moyenne de 8,2%, contre 4,4% en Europe.

Mais après des années d’atermoiement, l’énergie solaire commence à réellement décoller sur le continent: en 2025, les installations de panneaux photovoltaïques ont augmenté de 54%, soit 4500 MW de capacités supplémentaires, contre 2900 MW en 2024, selon le Global Solar Council (GSC): 1600 MW en Afrique du Sud, 800 au Nigeria, 500 en Égypte, 400 en Algérie, 200 au Maroc, 120 en Tunisie, 100 au Tchad… Une expansion due à la mise en place de centrales photovoltaïques et à l’installation, par des particuliers et des entreprises, de panneaux solaires privés. Le GSC table sur une croissance soutenue ces prochaines années (jusqu’à six fois plus de panneaux en 2029), grâce à l’accessibilité des panneaux photovoltaïques made in China, dont le coût a chuté de 88% entre 2010 et 2021: l’achat d’un panneau solaire au Nigeria se voit dorénavant rentabilisé en l’espace de six mois, reléguant au second plan les polluants (et dangereux) groupes électrogènes au diesel. Il faut désormais pallier l’intermittence de l’énergie solaire : dans le nord du Sénégal, la centrale Walo Storage emmagasine dans des batteries lithiumion l’électricité produite en journée pour la restituer en soirée, lors du pic de consommation. Le prochain défi, plus ambitieux, serait de produire des panneaux solaires made in Africa, plutôt que d’exporter en Asie les minerais critiques indispensables à leur fabrication…