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JIHANE ZORKOT
JIHANE ZORKOT
Voilà les nouvelles générations!

Tamandra Geny

Par rédaction
Publié le 20 février 2026 à 11h37
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Âge: 35 ans
Entreprise: MuCAT + AZZ-ART
Fonction: directrice du musée, fondatrice et commissaire d’exposition
Secteur d’activité: art
Année de création: 2022
Nombre d’employés: 4
Ville: Abidjan

Elle fait partie de celles qui créent des ponts. Née en France d’un père ivoirien et d’une mère française, elle grandit entre deux cultures. Elle fait ses études en France, mais choisit de s’intéresser à l’Afrique, comme pour compenser une distance géographique. Après des études d’histoire du continent africain et un passage par la diplomatie et la coopération culturelle, elle ressent le besoin de mener ses propres projets, entre art et histoire, autour de sa culture paternelle. 

Pour représenter l’art contemporain africain dans cette direction, elle crée sa structure: AZZ-ART. Ce premier pas l’amène en Côte d’Ivoire, «pour trois mois seulement». Une période qui dure finalement trois ans, à force d’opportunités et d’évidences. AZZART porte un nom symbolique: Ayoka Ziki Zeli, «l’accueil de la lumière», en godié, la langue d’un peuple des alentours de Sassandra. Une manière d’affirmer sa volonté de participer à la renaissance culturelle africaine par l’art, de renouer avec l’histoire à travers les œuvres. 

Cette curatrice est une véritable cheffe d’orchestre qui compose des expositions comme on crée une musique: plusieurs artistes, plusieurs médiums, réunis autour d’une même idée, pour éclairer un sujet sous toutes ses nuances. Depuis sa création, AZZ-ART a exposé plus de 40 artistes, imaginé des expositions pour des musées, des structures privées, et fait rayonner une nouvelle génération d’artistes. C’est son approche qui attire le regard du fondateur du MuCAT, musée installé au cœur d’Abobo. Invitée d’abord pour échanger sur sa vision, elle en a pris la direction il y a un an. La Côte d’Ivoire connaît un réel foisonnement autour de l’art: ouverture de galeries, hausse du nombre de collectionneurs, visibilité internationale. Mais le manque de formation technique (accrochage, conservation, emballage) des équipes et le fait que les artistes vendent parfois «sur le côté» freinent la construction de leur cote. Tamandra fait donc de la pédagogie un pilier de son travail, autant auprès de ceux qui créent que de ceux qui leur permettent d’exposer. 

Sa vision est aussi dirigée par le partage des savoirs, des récits, des visions du monde. Et elle n’imagine pas de futur sans culture du «beau», qu’elle estime encore trop rare dans l’espace public. 

Pour l’avenir, elle imagine AZZ-ART solidement ancré, multipliant les expositions internationales. Une manière d’amplifier ce qu’elle construit déjà: une voie ivoirienne de la curation, sensible, exigeante, pensée pour raconter le continent.