janvier 2018

ALGÉRIE : INTENABLE IMMOBILISME

Par Akram BELKAÏD
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À bien y regarder, 2018 risque fort d’être une année charnière pour l’Algérie. Et pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les grandes manoeuvres pour l’élection présidentielle vont commencer. Qui sera le candidat du système ? Abdelaziz Bouteflika se représentera- t-il pour un cinquième mandat comme l’affirment nombre d’observateurs attentifs de la scène politique locale ? Désignera-t-il un « héritier » ? Et que dire des ambitions de son frère Saïd, ou de son Premier ministre Ahmed Ouyahia ? Quel rôle jouera l’opposition, si tant est qu’elle puisse s’exprimer ? On le voit, l’année qui commence apportera nécessairement des clarifications. Le pays en a un besoin urgent. La visite en décembre dernier du président français Emmanuel Macron a mis en exergue une situation intenable côté algérien. Pas de leadership dynamique, pas de réformes réelles, pas d’initiatives de grande ampleur : l’Algérie attend le changement et que les choses se décantent. 
2018, année charnière, donc. Sur le plan financier aussi. Le bas de laine des réserves de change continue de rétrécir. Les coffres ne seront pas totalement vides, mais le pays va devoir prendre des décisions de grande importance pour équilibrer son budget et se ménager quelques marges de manoeuvre. La question qui va se poser est simple : austérité ou endettement ? La première option est défendue par les souverainistes, qui ne veulent pas entendre parler d’un retour sur le marché international de la dette, avec ce que cela signifie comme possible ingérence future du Fonds monétaire international (FMI). Des économistes et de hauts fonctionnaires affirment quant à eux que l’endettement est inévitable pour ne pas tarir l’épargne du pays. 2018, année charnière, car des décisions concernant l’environnement régional vont devoir être prises. Persistance de la paix froide avec le Maroc, ou initiative de rapprochement ? Intervention militaire directe dans les conflits environnants (Libye, Sahel), ou maintien du dogme de la non-ingérence, doublé, en réalité, d’un activisme des services secrets et de la diplomatie. Cela fait des années que l’Algérie se cherche. 2018 pourrait lui permettre de trouver enfin la voie.
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