décembre 2015

UNE COP AFRICAINE

Par Emmanuelle PONTIÉ
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Pour une fois (ce n’est pas la coutume dans cette rubrique…), chapeau bas pour l’Afrique et ses chefs d’État ! Leur présence massive à Paris à l’ouverture du sommet sur le climat fin novembre n’était pas seulement due au soutien moral qu’il fallait sans doute apporter à la France et à François Hollande à la suite des attentats sanglants du 13 novembre. Ils ont bien répondu présents à la COP21, cette réunion mondiale dont le but est de contenir le réchauffement de la planète en dessous de 2°C d’ici à 2100. Question de vie ou de mort, martèlent les experts depuis longtemps. Franchement, jusqu’à maintenant, on ne souvient pas d’un engagement très franc du continent pour ces questions environnementales, ni de budgets particulièrement nourris alloués aux ministères censés gérer les questions vertes. Mais cette fois, l’Afrique aura parlé d’une seule voix, avec un discours solidaire et construit, dont certaines propositions ont été qualifiées de très réalistes par les Nations unies. Et il était grand temps. Quelques données simples édifieront les plus néophytes en la matière : si le continent émet moins de 4 % des gaz à effet de serre de la planète, il est pourtant (et déjà) la première victime des conséquences du réchauffement mondial, et il abrite à ce jour six des dix pays les plus vulnérables pour les prochaines décennies. Ou encore : l’augmentation d’un seul mètre du niveau de la mer peut faire disparaître 18 000 km2 des terres d’Afrique de l’Ouest. Ou enfin : une hausse de 2°C dans le monde d’ici à 2030 réduirait les terres arables du continent d’au moins 40 %. En bref, les moins pollueurs sont les plus touchés. Résultat, ils demandent aux grandes nations industrialisées de passer à la caisse. Non seulement pour les aider à résister aux effets du réchauffement, mais aussi à orienter leur développement vers les énergies propres et des modèles sobres en carbone. En réponse, et entre autres, la Banque mondiale a dévoilé son plan de 16 milliards de dollars pour l’Afrique et la France a promis 2 milliards d’euros pour le soutien aux énergies renouvelables. Au total, une vingtaine de milliards de dollars auront été récoltés en promesses de soutiens divers. Certes, on est encore loin des montants attendus par la plupart des États à travers leurs chefs, leurs ministres ou leurs experts. Mais c’est déjà un super début. Reste à tenir promesses et engagements. Et surtout à maintenir la pression, à se soucier vraiment et sincèrement des questions environnementales à l’intérieur des systèmes africains, d’ordinaire peu enclins à se projeter si loin dans le futur dans des domaines très éloignés de la politique politicienne menée au jour le jour. Mais déjà, un grand bravo, la prestation était des plus prometteuses. À suivre !

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