janvier 2018
C’EST COMMENT ?

VOEUX PIEUX

Par Emmanuelle PONTIÉ
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C’est la coutume sous presque tous les cieux. Passer d’une année à l’autre entraîne son lot de bonnes résolutions, et de vœux de ceci ou de cela. La superstition, bien sûr, s’en mêle, et fait joyeusement croire que tous les souhaits se réaliseront à coup sûr en ce moment particulier, où l’on tourne une page et le dos à une année qui s’achève avec son cortège de mauvais souvenirs que l’on a hâte d’oublier, pour entrer le coeur vaillant dans une nouvelle ère.
Alors, on peut donc se mettre à rêver un peu, l’espace de quelques jours, et espérer. Espérer que 2018 sera – pourquoi pas ? – l’année de l’Afrique. Imaginer que le développement, le vrai, celui qui passe par la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’emploi ou aux services de base comme l’éducation, la santé, l’électricité ou l’eau potable, fera un bond de géant. Imaginer encore que les flots de migrants, perdus dans leur route vers un monde meilleur, réduiront d’euxmêmes parce que leurs terres natales leur offriront une vie meilleure. Imaginer aussi que les terrorismes seront enfin éradiqués, n’ayant plus de prise sur un continent fort, où l’on n’enrôlera plus les âmes perdues dans des actions de violence aveugle. Imaginer enfin que le renouvellement des leaderships, l’installation de bonnes gouvernances et la ringardisation de la corruption gagneront le pari de l’économie, avec des retombées locales, sociales, sonnantes et trébuchantes tellement attendues.
Allez, puisque c’est le seul moment de l’année où l’on peut formuler les rêves les plus fous, divaguons à loisir. Même si, merci, on le sait bien : ces voeux pieux ne se réaliseront pas en 2018, ni même en 2019, et ainsi de suite. Certains esprits chagrins s’empresseront d’ajouter qu’ils ne se réaliseront peut-être jamais. Pourtant, si l’on y regarde de plus près, avec un oeil résolument positif, plusieurs pays avancent peu à peu, inversent doucement la tendance, construisent, réforment, installent du neuf. Et montrent au minimum, à travers d’innombrables petits mieux, dans plein de domaines, qu’ils prennent le bon chemin pour que l’Afrique change. Et surtout, parce qu’il faut boucler l’année avec une méga note d’espoir. N’ayons pas peur dans cette fameuse nuit du 31 décembre de formuler les voeux les plus fous, les plus gratuits, les plus irréalisables, pour qu’un jour, justement, ils se transforment en réalité. Même si c’est dans dix, cinquante ou cent ans ! Bonne année donc à notre continent, avec son potentiel et ses avancées. Et accessoirement, une excellente année à vous tous, qui de près ou de loin, êtes les artisans de cette Afrique qui gagnera demain.
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