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C'est comment ?

Test or Not Test

Par Emmanuelle Pontié - Publié en mars 2021

Voyage en Afrique, depuis Paris, au moment où les restrictions de déplacement font rage. Avec un vrai motif, dûment attesté par trois ou quatre documents. Et le fameux test PCR négatif, exigé par tous les pays. Normal, avec cette épidémie de Covid-19 qui ne faiblit pas, c’est évidemment le plus important.

Pourtant, ce Graal perd sacrément de sa valeur au retour. Car certains infirmiers et toubibs africains ont trouvé là un joyeux motif de s’enrichir. Une fois que vous êtes sur le continent, on vous informe tout de suite qu’obtenir le résultat d’un test dans les 72 heures – le délai maximum exigé par la France pour entrer sur son territoire – est presque impossible. Ce qui est évidemment faux. Mais ainsi, afin de verrouiller votre retour, vous êtes pratiquement obligé de vous mettre en cheville avec un personnel de santé qui, moyennant quelque 20 000 ou 30 000 francs CFA d’encouragement, vous garantit la sortie du résultat dans les temps. En général, ça marche. Surtout si vous lui promettez de lui envoyer des clients supplémentaires s’il est « réglo ». À la limite, on peut se dire que le graissage de patoune, c’est de bonne guerre, vu les salaires minables du monde médical local.Test or Not Test

Ce qui est plus inquiétant, c’est la grosse dérive du système. L’infirmier vous demandera si vous voulez vraiment faire le test. Sous-entendu, il peut vous sortir un négatif sans l’épreuve du coton-tige dans le nez. Mieux, il vous demande ce qu’il doit faire si, par hasard, votre test est positif. «Je vous sors un négatif, si vous voulez voyager ? » Et là, on se dit que l’on n’est pas sorti de l’auberge ! Il y a donc des vrais positifs qui voyagent et propagent le virus à qui mieux mieux. Les États ont beau installer les systèmes les plus verrouillés, à grand renfort de nouvelles technologies, n’y a rien à faire, l’ingéniosité et l’inconscience de l’être humain sont sans limites...

Et je précise qu’il ne serait pas juste de ne brocarder que l’Afrique, bien sûr. Tous les pays « pauvres » ont mis en place les mêmes détournements du processus. On me dit aussi que les tests s’achètent sur Internet, donc dans le monde entier. Y compris des faux positifs, pour ceux qui veulent rester en vacances au soleil deux semaines de plus, en famille ou dans le bel hôtel payé par sa boîte.

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